La promesse d'un
patrimoine d'exception

Petites mains, grand talent pour la restauration de ce Monument Historique à Avignon

Vaucluse matin, 18 juin 2008

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Hôtel Saint-Priest d’Urgel. L’école d’Avignon restaure la demeure

Alors que le chantier au 21 et 23 de la rue petite Fusterie bat son plein depuis septembre 2007, l’échafaudage de l’école d’Avignon vient tout juste d’être démonté par les élèves dans le grand escalier suspendu de l’hôtel particulier.

Un démontage qui s’est fait sous le regard méticuleux de Jean-Louis Mognetti, architecte avignonais de père en fils depuis 1930 et dont le cabinet, rue de la République, a été créé en 1860.

Car, en effet, rien n’échappe à ce professionnel chevronné, amoureux des vieilles demeures et hôtels particuliers dont Avignon regorge. Et si pendant le chantier à l’Hôtel Monery – plus communément appelé l’Hôtel de Saint Priest d’Urgel – , Jean-Louis Mognetti était peu loquace, l’homme vient d’envoyer une lettre de félicitations à l’école d’Avignon.

Quelle carte de visite pour ces 20 jeunes, qui ont mis du cœur à l’ouvrage, pendant deux semaines aux côtés des artisans professionnels.

« C’est un immeuble prestigieux. En matière d’enjeu, c’est un des plus gros chantiers-école que nous ayons fait », reconnait Patrick Devauchelle, l’un des dix formateurs de l’école d’Avignon.
Une lourde charge pour ces jeunes qui a permis à l’initiateur du projet, le marchand de biens parisien Patrice Panon, d’alléger un peu la note finale des travaux de restauration, qui, hors taxe, s’élève à la modique somme de 2, 5 millions d’euros.

Aujourd’hui, le bel escalier de la partie commune a retrouvé son décor d’antan, celui de 1765. Et les 1200 m² habitables ont été finalement divisés en 13 appartements prestigieux de 45 à 160 m². Tout a été restauré, rénové : des tentures aux soieries tendues sur les murs, des peintures aux rideaux, le tout reproduisant fidèlement ce qui avait mal vieilli et laissé à l’abandon, faute d’argent.

Patrice Panon a acquis cet hôtel particulier en septembre 2005. En 2006, tout est déjà vendu à un banquier, un trader, un patron de presse audiovisuel…un certain Patrick de Carolis, et d’autres fortunes désirant investir pour défiscaliser dans le cadre de la loi Malraux Monuments Historiques.

La prestigieuse demeure devrait voir, dès janvier 2009, ses premiers locataires prendre possession de leur appartement, un peu biscornu, un peu hors du temps, mais au cachet si authentique…pour 11 euros du mètre carré.

auteur : Violeta Assier

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