La promesse d'un
patrimoine d'exception

L’ancienne Banque de France retrouvera sa noblesse, Ouest-France, 11 nov. 2013

Publié dans Ouest-France, le 11 novembre 2013

Le bâtiment, qui va donner place à des appartements, sera restauré comme au XVIIIème.

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L’extension faite par la banque côté remparts est en cours de démolition.

L’Hôtel Trublet de Nermont situé rue d’Asfeld, est l’un des rares bâtiments intra-muros datant du XVIIIème à avoir résisté aux bombardements de la guerre de 39-45. Depuis plusieurs semaines, des travaux ont débuté. Objectif ? Redonner à ce bâtiment la noblesse qu’il avait à l’époque. Ce bâtiment historique abritait, entre 1924 et 2005, date de sa mise en vente, la succursale de la Banque de France de Saint Malo.

L’extension bétonnée sera détruite.
L’institution avait d’ailleurs construit, dès 1924, une extension bétonnée de 260 m², sur la façade qui donne rue de Chartres, côté remparts, pour y abriter des guichets. Ces guichets, réalisés sans réelle préoccupation du patrimoine, ont remplacé la cour d’honneur de l’Hôtel, un portail majestueux et un mur d’enceinte datant du XVIIIème siècle.

A la fin des années 2000 l’Hôtel Trublet de NErmont a été racheté par la société Minerve Conseil basée à Paris. pour environ 1 million d’euros. L’objectif pour cette entreprise est de rénover ce bâtiment pour en faire huit appartements de standing sur une surface totale de 800 m². Le tout en bénéficiant d’avantages fiscaux accordés pour la rénovation de monuments historiques.

La ville attentive

Mais l’inscription de cet hôtel comme monument historique implique des conditions drastiques pour le découpage en appartements. Un accord a été trouvé entre le propriétaire et la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) pour la réalisation du projet. A condition que l’essentiel de la qualité du bâtiment soit conservé (parquets Versailles, grands salons, etc…) et que la façade côté rue de Chartres, dégradée par l’extension de la Banque de France, soit restaurée.

La ville de Saint Malo n’a pas été indifférente quant à l’évolution de ce bâtiment. « Ce n’est pas banal de voir un bâtiment historique de cette ampleur aménagé, comment Marie-Christine Lehérissé, adjoint au patrimoine architectural. Il faut que les choses se fassent dans les règles de l’art. Il faut conserver une certaine crédibilité. Le propriétaire nous a donné des garanties. »

Une lecture du bâtiment transformée

La restauration de la façade de la rue de Chartres, qui donne sur les remparts, présente un grand intérêt pour l’élue. « La lecture du bâtiment va être transformée. C’est une chance que ces travaux puissent se faire. La vue des remparts va changer, cela va permettre de redonner l’envie aux passants de revenir dans cette rue. » Avec un mur d’enceinte, un portail, une cour intérieure et un jardin, l’Hôtel devrait ressembler à son voisin l’hôtel d’Asfeld dont la façade présente les mêmes caractéristiques.

Les travaux vont coûter près de deux millions d’euros. Les appartements ont déjà trouvé des acquéreurs, des personnes domiciliées fiscalement en France, afin de bénéficier des avantages fiscaux (une déduction de leurs impôts sur le revenu) et qui souhaitaient investir dans la cité corsaire. Les copropriétaires devront toutefois conserver leur bien durant 15 ans.